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Remontrance: La faute professionnelle liée à cette Mitzvah

“Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur, tu réprimanderas ton prochain, et tu ne porteras pas de faute à cause de lui”. Vayikra 19-17

Pourquoi devrais-je être puni pour ta faute?

Lorsque la Torah mentionne l’obligation de réprimander son prochain, elle termine avec les mots:”et ne porte pas de faute à cause de lui’’. Le Targoum traduit:”et ne reçois pas de punition pour sa faute.”Selon le Targoum, cela voudrait dire que si Reouven a mangé un sandwich au jambon et que je ne lui ai pas fais de remontrance, je serai puni pour sa faute. Cela semble  difficile à comprendre. Pourquoi devrais-je être puni pour sa faute? Au plus, on pourrait dire que je serai puni pour ne pas l’avoir réprimandé. Mais comment puis-je être responsable pour une faute qu’il a transgressé? C’est lui qui l’a transgressé, pas moi.

Une Nation, Un Peuple

La réponse à cette question est basée sur le lien qui existe entre un juif et son prochain.

Le Kli Yakar apporte un Mashal: Imaginons un homme qui traverse l’océan. Un jour,il entend un bruit étrange venant de la cabine voisine. Alors que le bruit continue, il devient de plus en plus curieux, et décide de frapper à la porte de son voisin. Lorsque la porte s’ouvre, il le voit en train de percer un trou dans un coin du bateau.

“Qu’est ce que tu fais, s’écrie l’homme,

Je perce un trou lui répond son voisin.

Percer un trou???

Oui, je fais un trou dans mon coté du bateau.

Arrête ça tout de suite!!

Mais pourquoi? C’est ma cabine, j’ai payé donc je peux faire ce que je veux avec.

Non, tu ne peux pas, si tu perces un trou dans ton coté, le bateau entier va couler.”

Le Nimshal est que le peuple juif est une seule entité. Il est totalement faux de dire: ce que je fais est mon problème et cela n’affecte personne d’autre. Mes actions ont un impact sur toi, et tes actions ont un impact sur moi. Nous sommes un. C’est comme si nous avions signé sur un prêt. Si tu manques un paiement, la banque se tournera vers moi. Je n’ai pas emprunté l’argent, mais j’en suis responsable. De même lorsque nous avons accepté la Torah sur Har Sinai, nous sommes devenus une seule entité, fonctionnant comme un peuple. Si tu manques à tes obligations, ils viendront chez moi demander un remboursement. Nous sommes partenaires, et je suis responsable de ta performance.

Le Targoum nous enseigne l’ampleur de ce lien. Ce que Reouven fait, m’affecte directement. Pas parce que je suis fouineur, mais parce que nous sommes une seule entité. A tel point, que je suis responsable de ce qu’il fait. S’il faute, et que j’aurai pu l’en empêcher, cela devient ma faute. Un membre de mon équipe a transgressé et j’aurai pu l’en empêcher. Si j’ai fait tout ce qui est en mon pouvoir pour l’aider à grandir, et le protéger contre la faute, j’ai rempli mes obligations, et je ne serai pas puni.

Cependant, si j’avais pu être mieux concerné par son amélioration, et plus impliqué dans sa lutte contre le mal, mais que je n’ai rien fais, alors j’en deviens responsable.

Ne fais pas de remontrances, cela ne marche pas.

Cette approche est essentielle pour comprendre pourquoi les remontrances ne marchent pas.

Lorsque Reouven s’approche de Shimon et lui montre ce qu’il a fait de mal, la seule chose qu’il ait accompli, c’est qu’à présent, Shimon haït Reouven.

Pour accomplir la Mitsvah de Tohakha correctement, il faut deux éléments essentiels: l’attitude, et la méthode.

Quelle est mon intention?

Lorsque je vais chez mon ami pour lui faire des remontrances, la première question que je dois me poser est: Quelle est mon intention?Si mon intention est de le corriger, et l’empêcher de commettre une faute terrible, alors je vais sûrement échouer. La seule intention qui appartient à une personne qui veut faire une vraie remontrance est:”c’est mon ami et je veux l’aider.”

Si je recherche kavod shamayim, ou si je fais le bien pour que le monde s’améliore, alors mon action accomplira le contraire du but attendu. Je ne réussirai pas à séparer mon ami de sa faute. Je ne réussirai qu’à séparer mon ami de moi. La première exigence pour faire une vraie Tokhakha, c’est de la faire avec amour et attention pour son prochain. La deuxième condition, est basée sur la façon de faire la Tokhakha.

Est-ce que vous criez lorsque vous mettez les Tefilin?

Un chef d’une communauté vint une fois chez le Hafetz Haim, et se plaint qu’à chaque fois qu’il réprimandait les gens de sa communauté, personne ne l’écoutait. Le Hafetz Haim lui demanda comment il les réprimandait. Il lui répondit qu’il leur criait des réprimandes sans arrêt et à haute voix. Le Hafetz Haim lui demanda alors: “ est ce que vous criez quand vous mettez les Tefilin? Alors pourquoi ressentez-vous le besoin de crier en faisant cette Mitsvah?

L’un des concepts les plus simples dans les relations humaines, est que les gens haïssent être critiqués. Nous haïssons les critiques pire que du poison, et nous les évitons comme la plaie. Si tu me critiques, je deviens hyper sensible. Si tu murmures, je l’entends comme une voix forte, et si tu parles doucement, j’entends un cri dans mes oreilles. En être conscient est absolument nécessaire lorsqu’on choisit la méthode, le ton et les mots de tokhakha. Cette Mitsvah est destinée à améliorer mon ami. Sans stratégie qui soit sensible à la nature humaine, même les meilleures intentions se retourneront contre moi. Pour réussir dans cette Mitsvah, je dois faire très attention au choix de mes mots, et faire en sorte qu’ils soient très doux et faciles à entendre. C’est la deuxième condition pour cette Mitsvah.

Par amour et préoccupation

La vérité est que c’est une Mitsvah très difficile à accomplir correctement. En général, nous nous retrouvons soit à ne pas vouloir s’impliquer du tout, soit à dire des choses qui causent plus de mal que de bien. Mais lorsque la force qui nous dirige est l’amour de notre prochain, et nous étudions la nature humaine et choisissons nos mots avec attention, alors Hashem nous aide à l’effectuer proprement.

Ceci est un extrait de la Shmuz sur le livre de Parsha..

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