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Le respect de l'institution

“Et tous vos serviteurs viendront vers moi, se prosterneront et diront : Partez ! Vous et toute votre nation avec vous, et ensuite nous partirons. » Shemot 11:8

Paroh reste têtu dans son opposition envers Hashem

Depuis la première fois que Moshé est apparu dans sa cour, l’attitude de Paroh fut : Qui est cet Hashem que je doive écouter ? A chaque fois, Paroh insultait Hashem et Moshé.

À ce stade, Paroh a déjà vécu 10 mois d’intenses manifestations d’Hashem qu’Il a Lui meme créées. Cette réalisation est venue à un prix.

Mitsrayim est passé du pays le plus puissant à une ruine totale. Et pourtant Paroh reste ferme dans son opposition.

À présent Hashem envoie Moshé dans sa mission finale : Dis à Paroh que s’il continue dans cette position, tous les premiers nés égyptiens seront tués.

Rashi nous dit que lorsque Moshé répéta le message à Paroh, il changea les mots. Moshé savait qu’à la fin, Paroh viendrait courir vers lui pour le supplier de faire sortir tous les juifs d’Egypte. Mais du fait qu’il n’était pas respectueux de dire que Paroh lui même viendrait courir vers lui car c’est un roi, alors il dit que ses serviteurs viendraient en courant.

La question évidente sur ce Rashi est : Pourquoi devrait-on traiter un roi pareil avec respect ? Paroh était un ennemi d’Hashem et du peuple juif. Il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour leur rendre la vie amère. Il ne méritait certainement pas de respect.  Cela semble d’autant plus injuste lorsqu’on se penche sur la politique du gouvernement de Paroh. Leurs lois interdisaient tout droits aux juifs, toute possession, liberté de communication, et ils étaient traités comme de la vermine, assujettis aux égyptiens.

Encore pire que ça, les juifs n’avaient pas le droit à la vie. Paroh avait institué plusieurs décrets dans lesquels il traitait du problème de la population juive par la mort. Paroh lui même était un boucher. Lorsqu’il a attrapé la lèpre, ses conseillers lui dirent de se tremper dans du sang humain. Le Midrash nous dit que pour cela, matin et soir il faisait tuer 150 enfants juifs pour utiliser leur sang pour son confort personnel.

Pourquoi Moshé devrait donner un quelconque respect à ce roi ?

Respect de l’institution pas de l’individu

« Sans crainte du gouvernement, l’homme avalera son ami vivant. » Pirkei Avot. Quiconque a vécu une période sans lois, peut attester de la croissance du crime, vol et bagarres… En Afrique du Sud, ceci est la norme parce qu’il n’y a plus de respect pour l’autorité.

Il semblerait que la réponse à cette question soit qu’il y ait une grande différence entre respecter une institution et respecter un individu.

Pour qu’une société marche convenablement, et pour le bien de l’humanité, il faut qu’il y ait un système de leadership et une hiérarchie dans l’autorité, un gouvernement. Pour que ce gouvernement fonctionne, il faut que les citoyens respectent et obéissent à cette autorité.

Lorsqu’un roi occupe la position de leadership d’un pays, c’est l’obligation de tout un chacun de le respecter. C’est la manière dont Hashem veut que nous agissons. Ce respect n’a rien a voir avec l’individu lui même, cela a à voir avec la position.

Il se peut que le leader en tant qu’individu soit un voyou, et je peux le considérer ainsi en privé, mais tant qu’il tient sa position, je me dois de le respecter.

Moshé a agi avec respect pour l’institution

Moshé Rabénou a fait ce qui était juste. Malgré le fait que cet homme soit un mécréant et qu’il poursuive un but malsain, il était quand même un roi, donc Moshé a donné du respect à sa position de leadership.

Ce message peut s’appliquer à nous. Historiquement, les rois considéraient la population comme source de taxes et de soldats, outils qui leur permettaient d’amasser leur fortune. Rares ont été les rois qui se sont souciés du bienfait de leur peuple.

Pour nous en tant que juifs, c’est particulièrement poignant. Pendant presque 2000 ans, nous avons erré d’un pays à l’autre, d’une oppression à une autre, d’une expulsion à une autre pour enfin nous établir au sein d’une certaine société où l’on se sent bien plus libres qu’auparavant. Nous avons le droit d’avoir nos propres écoles, nous avons le droit de pratiquer notre religion… La seule chose qu’on nous demande est d’obéir aux lois et de respecter ceux qui sont au pouvoir au dessus de nous.

 

Ceci est un extrait de la Shmuz sur le livre de Parsha..

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